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La RE2020 : la construction responsable, c'est maintenant.

Dernière mise à jour : 18 déc. 2023


Avec la publication en novembre 2015 de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), le gouvernement Français affiche la volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2050 sur le territoire national. Cette feuille de route définit des objectifs pour tous les secteurs de l’économie, dont celui du bâtiment. Pour donner des moyens des mesurer et intégrer concrètement ces objectifs dans ce secteur, le gouvernement publie en 2021 la nouvelle Réglementation Environnementale 2020 (RE2020), inspirée de l’expérimentation E+C-, qui viendra remplacer la précédente Réglementation Thermique 2012 (RT2012).


Cette réglementation, rentrée en vigueur en 2022 pour les logements, puis les bureaux et bâtiments d’enseignement, apporte de nouvelles exigences sur les parties thermiques et environnementales auxquelles les acteurs du bâtiment doivent se conformer pour des projets de construction neuve.


RE2020 : un changement de paradigme par rapport

à la RT 2012


Indicateurs RT2012 et RE2020


La RE2020 vient à la fois élargir le scope de l’étude environnementale, précédemment dédié uniquement à la thermique ; mais également modifier les critères d’évaluation de cette dernière. Cela signifie des changements de méthode de calcul, ainsi que d’indicateurs de respect (ou non) des seuils.

Sur la partie thermique & énergétique, si la majorité du moteur de calcul reste le même qu’en RT2012, on observe des changements notables comme la nouvelle définition de surface de référence, qui sera à présent la surface habitable (SHAB) pour les logements et la surface utile (SU) pour les bureaux et bâtiments d’enseignement. Les cinq usages de l’énergie de la RT2012 (chauffage, refroidissement, production d’ECS, éclairage, auxiliaires de ventilation) sont conservés, et on y ajoute le déplacement des occupants à l’intérieur du bâtiment (ascenseurs, escalators, parkings et circulations). Les scénarios météo sont mis à jour pour être plus proches du réel. Enfin, la production d’énergie interne à un bâtiment, par panneaux photovoltaïques ou cogénération par exemple, est prise en compte et valorisée dans la RE2020.

Pour concrétiser ces changements, la nouvelle réglementation introduit trois nouveaux indicateurs pour la partie énergie :

  • Bbio, le besoin bioclimatique du bâtiment en énergie, froid compris, permet d’observer la sobriété énergétique du bâtiment (en points)

  • Cep, la consommation d’énergie primaire, renouvelable et auto-produite comprises, permet d’observer les consommations et le recours aux énergies renouvelables (en kWh/m²/an)

  • Cep,nr, la consommation d’énergie primaire non renouvelable du bâtiment (en kWh/m²/an)

A cela, on peut également ajouter un indicateur parallèle, le DH ou “degré-heure d’inconfort” qui mesure l’inconfort estival en °C.h. Cet indicateur de confort d’été vient rendre compte de l’évolution du climat en France avec des épisodes caniculaires de plus en plus intenses et fréquents.


Pourquoi des indicateurs climatiques


L’avancée la plus exigeante de la RE2020, cependant, est l’introduction d’indicateurs sur le poids carbone de la construction. Cet ajout est riche de sens car on estime que le poids carbone de la construction d’un bâtiment neuf pèse pour 60 à 90% de celui-ci sur tout son cycle de vie, faisant de sa consommation énergétique un poste secondaire.

La RE2020 introduit de nombreux indicateurs qui permettent de suivre la qualité d’une étude et la performance environnementale d’un bâtiment, les deux qui sont soumis à des exigences de résultats sont les suivants :

  • Ic_énergie, ou impact climatique de l’énergie, mesure le poids carbone des consommations d’énergie du bâtiment durant sa phase d’exploitation en prenant en compte les vecteurs énergétiques employés (en kgCO2eq/m²)

  • Ic_construction, ou impact climatique de la construction, mesure le poids carbone des composants (matériaux et équipements) et du chantier sur toutes les phases du cycle de vie du bâtiment (en kgCO2eq/m²)

Cette unité, le kgCO2eq, ou kilogramme d’équivalent CO2, rassemble tous les gaz à effet de serre intervenant dans les processus de fabrication des matériaux (dioxyde de carbone, méthane, gaz fluorés) à hauteur de leur pouvoir de réchauffement global (PRG). Elle permet de comparer la performance environnementale de deux produits autrement incomparables.


Puisqu’elle utilise des données conforme à la norme EN 15804, la RE2020 permet en réalité de calculer de très nombreux indicateurs environnementaux au-delà du changement climatique (mesuré par l’équivalent CO2), mais c’est la seule grandeur soumise à des seuils, à des fins simplificatrices. En d’autres termes, la RE2020 donne à présent les moyens de quantifier afin de limiter le changement climatique dû aux produits de construction d’un bâtiment plutôt que se concentrer sur sa consommation énergétique, qui représente une part minoritaire de son impact.


Exigences réglementaires (RSEE, phases, logiciels)


D’un point de vue réglementaire, 3 attestations sont nécessaires pour s’assurer de la conformité RE2020 de son projet.

  • La première consiste en une étude de faisabilité sur les différents scénarios énergétiques du bâtiment, et ne nécessite pas d’étude carbone sur les matériaux.


  • La deuxième est une étude de faisabilité énergétique et de prise en compte de la RE2020. Elle doit être réalisée avant le dépôt de permis de construire et est nécessaire à l’obtention de celui-ci. Son but est de prouver que le bâtiment a été conçu dès les premières phases en prenant en compte les seuils réglementaires. Cette attestation s’obtient en déposant un document formalisé sur la plateforme gouvernementale RT-RE Bâtiment. Ce document est un Référentiel Standardisé d’Etude Environnementale, ou RSEE. Il peut être décerné par un certain nombre de logiciels habilités par le gouvernement suite à la réalisation d’une étude RE2020.


  • Le troisième document est une attestation de prise en compte de la RE2020 à l’achèvement des travaux. Celui-ci vaut pour preuve que durant les phases de réalisation, les différents acteurs ont suivi le plan de la première étude, et que s’ils s’en sont écartés, les seuils réglementaires sont toujours respectés. Il sert également de document de référence pour d’éventuelles vérifications sur chantier. Il nécessite également le dépôt d’un RSEE sur le site RT-RE Bâtiment.


Le RSEE est un document au format XML, suivant une typologie précise définie par le gouvernement. Seuls certains logiciels sont habilités à la décerner, dont SustainEcho.


Ce fichier se compose de trois parties :

  • DataComp, qui contient les données administratives de l’étude

  • RSET, le référentiel standardisé d’étude thermique qui contient toutes les données énergétiques et est décerné par un logiciel de thermique

  • RSEnv, le référentiel standardisé environnemental qui décrit toute la partie matériaux et les nouveautés de la RE2020 mentionnées plus haut

Cela signifie que pour obtenir votre permis de construire, vous devez réaliser à la fois une étude thermique et une étude matériaux et chantier, qu’on appelle plus couramment Analyse de Cycle de Vie ou ACV, sur un logiciel certifié.


SustainEcho est une solution en ligne, simple d‘utilisation et rapide, agréée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment et le Ministère de la Transition Ecologique. Elle permet d’intégrer les données des composants d'un projet depuis des fichiers quantitatifs type DPGF, DQE etc, et de réaliser une ACV en quelques heures qui soit conforme à la RE2020.

Grâce à ses outils de lecture d’études thermique, soyez en mesure de produire et éditer des RSEE réglementaires. Toute la partie administrative est gérée de manière à vous laisser vous concentrer sur les exigences techniques et environnementales de votre projet.



Justine Ruminy et Ophélie Hondekyn

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